Romainville, une ville remarquable

 dans Romainville

Le site Internet de la ville de Romainville présente des lieux remarquables dans la ville. Parmi eux, l’hôtel de ville et un « parcours pharmaceutique ».

La construction de la mairie de Romainville, pour laquelle le Duc de Noailles, propriétaire du château, vend un emplacement en 1829, ne démarre qu’après création en 1867 de la commune des Lilas et la guerre de 1870. Ainsi, l’architecte retenu, Paul-Emile Lequeux, réalise une mairie-école, belle bâtisse de trois étages dont l’entrée est encadrée de pilastres et colonnes doriques, inaugurée en 1873 par le maire de l’époque, Émile Genevoix.

En 1905, l ‘architecte Henri Viet est chargé de l’agrandir avec deux ailes. Il installe une cheminée monumentale, surmontée de deux statues allégoriques.

En 1917, le peintre Maton-Wicart réalise quatre panneaux, peints directement sur le mur, pour la salle des mariages (La Promenade des fiancés, L’Entrevue, Le Mariage et La Famille).

La mairie est une nouvelle fois agrandie en 1963 par la construction d’une aile s’ouvrant sur l’avenue Paul-Vaillant-Couturier, pour accueillir les services administratifs.

Corinne Valls, la maire actuelle, fille d’un républicain espagnol exilé en France et résistant durant la Seconde Guerre mondiale, connaît bien sa ville puisqu’elle s’y est vue attribuer de nombreuses fonctions et y a élevé ses deux enfants. Elle a notamment été maire-adjointe en 1995 puis maire en 1998.

La rue Louise-Dory et l’aventure pharmaceutique

La rue Louise-Dory est la partie basse d’un ancien chemin vicinal. Louise Dory, bienfaitrice de la commune, est descendante d’une très vieille famille romainvilloise.

A la fin du 19e siècle, sur 268 hectares de superficie communale, 256 sont encore cultivés ! Cependant, les ressources du sous-sol et la présence de voies de transport (canal de l’Ourcq, chemin de fer) favorisent l’industrialisation. Les vergers, cultures légumières et maraîchères, champs et clôtures se maintiennent d’abord quand les premières industries (fonderies, fabrique de vernis) s’installent.

Mais dès 1900 les usines apparaissent. Dès lors, la population s’accroît. Un quartier ouvrier se forme rapidement, avec certainement une grande part d’auto-construction. Le bâti est souvent modeste mais sa diversité confère au site un cachet pittoresque assez agréable.

Une école, baptisée Louise-Dory, est ouverte en 1928 pour les enfants du quartier de plus en plus nombreux.

Si le bâti individuel se multiplie, les premiers logements collectifs apparaissent dans les années 1930. La Sémaroise édifie à cette époque 89 logements dits « habitations à bon marché » (HBM) à l’angle de l’avenue Gaston-Roussel et de la rue Louise-Dory. Les premiers logements sociaux de Romainville. L’office public d’HBM voit le jour en 1936 et devient l’office public d’habitations à loyer modéré (OPHLM) en 1954. A cette date, Romainville compte 19 217 habitants.

La rue Louise-Dory se trouve au cœur de la zone industrielle du secteur. L’entreprise Roussel-Uclaf, où s’installera plus tard Biocutech, occupe en effet, à partir de 1924, la partie ouest de la rue.

Romainville et la tradition de la pharmacie

Au 20e siècle l’industrie pharmaceutique, puis l’industrie chimique, se développent dans le secteur. Cela est notamment dû à la proximité des abattoirs de la Villette. Le traitement des os, des peaux, du sang, des bas-quartiers permet la manufacture des colles, gélatines, savons puis de médicaments.

En 1911, Gaston Roussel, propriétaire à Romainville, docteur en médecine et diplômé de l’École vétérinaire, crée l’Institut de sérothérapie hématopoïétique (ISH). Les premiers bâtiments sont construits entre la route nationale 3 et la route de Noisy. Dans ces locaux, qui n’existent plus, sont conçus les premiers sérums et fortifiants.

En 1928, le docteur Roussel, en collaboration avec des chimistes, biologistes et pharmaciens, fonde l’Union chimique des laboratoires associés français (Uclaf) pour le développement de la recherche chimique au sein du groupe Roussel. 2000 ouvriers et techniciens sont employés sur un site de 7 hectares.

Le bâtiment Pasteur est inauguré en 1930. Ateliers, entrepôts, garages, réfectoire, chaufferie et château d’eau sont construits autour. Pour répondre à une production croissante, l’Uclaf et l’ISH construisent de nouvelles écuries. La cavalerie de 1400 chevaux nécessite l’installation d’un manège et d’enclos pour le pâturage. Ces aménagements confèrent au site l’aspect d’un gigantesque haras normand. La construction d’une entrée monumentale marquée par un porche sous pavillon orné d’un colombage, ainsi que par une tour de l’horloge insolite et pittoresque, parachèvent cet ensemble.

En 1942, un grand centre de recherches pharmaceutiques s’installe à Romainville. C’est la naissance du groupe Roussel-Uclaf. Au milieu des années 1960, près de 4000 personnes travaillent sur le complexe qui couvre jusqu’à 25 hectares.

Avec 14 500 emplois sur trente sites en 1982, Roussel-Uclaf détient un véritable empire pharmaceutique. De nouvelles constructions sortent de terre. En 1990 un bâtiment pour la division santé et un parking de mille places voient le jour.

Le groupe allemand Hoescht devient actionnaire majoritaire en 1993. Avec la constitution du groupe international Hoescht-Marion-Roussel (HMR) en 1995, des restructurations sont effectuées ; le siège social de l’entreprise est transféré sur le site. Cela entraîne la construction d’un nouveau bâtiment, qu’on nomme Marie-Curie ; en verre et métal, il a la forme d’un fer à cheval.

La fusion de HMR et Rhône-Poulenc en 2000 entraîne la création d’Aventis-Pharma qui devient Sanofi-Aventis.

Aujourd’hui c’est le parc technologique Biocitech qui occupe le site. Il bénéficie de 30 000 m2 de laboratoires et 8 000 m2 de locaux annexes. La vocation tertiaire du site s’est par ailleurs accrue et le siège d’Est Ensemble y a été installé.

Recommended Posts

Romainville 8 decembre 1910